Eric Parent s’intéresse aux énergies renouvelables et au développement durable dès sa sortie de Polytechnique. Il est le fondateur et ancien directeur de l’entreprise Climat Mundi, qui s’est imposée dans le sur le secteur du bilan et de la compensation carbone. Il a également dirigé l’entreprise L’Orrel et travaillé chez Veolia sur l’eau et les déchets. Il se passionne aujourd’hui pour une forme d’énergie qu’il considère comme la solution à des problématiques de mobilité.


Bonjour Éric, Est-ce que vous pouvez partager avec nous vos projets actuels ?

Aujourd’hui, j’ai laissé tomber la boîte que je dirigeai pour me concentrer exclusivement sur les technologies de l’Hydrogène. Je cherche du boulot, en gros.

Avant d’en parler, c’est quoi rapidement, l’hydrogène ?

C’est un vecteur énergétique. C’est une matière qui sert à stocker et à restituer l’énergie. On peut s’en servir dans la mobilité, pour stocker de l’électricité et faire rouler des camions, des trains…

On peut aussi produire de l’électricité avec, que ce soit pour une voiture ou pour une maison.

pouvez-vous nous expliquer les atouts de cette énergie à ton sens ? A quoi peut-elle servir aujourd’hui ?

L’hydrogène a beaucoup servi pour faire voler les dirigeables, au XVIIIème siècle. On la retrouve aussi dans le domaine de l’aérospatiale. Aujourd’hui, cette énergie est beaucoup utilisée dans des process industriels. Elle est souvent fabriquée avec du méthane fossile, ce qui n’est pas indiqué sur le plan écologique. Ce que moi je crois, c’est qu’il y a là un véritable potentiel pour la mobilité. Le meilleur usage est de l’utiliser pour stocker de l’énergie et faire fonctionner les véhicules lourds.

Train à l’électricité à Tokyo, Japon. Source : banque d’image Pixavay

Selon vous, qu’est-ce qu’apporterait une économie de l’hydrogène par rapport à une économie du pétrole ?

Déjà, cela limite les émissions de gaz à effet de serre. Avec le pétrole, le gaz, le charbon, la température terrestre devient de plus en plus compliquée pour la vie. En France et en Europe, on peut déjà faire rouler des véhicules à l’électricité avec des moyens locaux et non polluants. L’économie du pétrole, en plus de polluer énormément, fait sortir l’argent du pays, c’est un outil de souveraineté économique pour certains pays comme aux Emirates Arabes Unis.

Et, en quelques mots, les inconvénients de cette utilisation ?

L’énergie hydrogène, selon d’où elle vient, peut émettre beaucoup de co2. Tout dépend de sa fabrication. Comme je l’ai expliqué, elle peut être fait avec du méthane fossile et polluer.

Ce qu’il faudrait, dans l’idée : Des politiques publiques plus avantageuses ?

Oui, en ce moment est mis en place un plan d’action. Nicolas Hulot a levé 100 Millions d’euros à titre d’aides, dont 30 Millions subventionnent la mobilité vi des équipements de production et de distribution pour l’utilisation d’hydrogène dans les transports.

Il y a des moyens de soutien, et d’autres moyens qui sont la contrainte. Dans ce registre, la mairie de Paris a fixé un objectif zéro diesel d’ici 2030. Il est aussi possible de proposer des stationnements gratuits selon l’énergie utilisée. Il y a vraiment des moyens d’agir.

Aussi, aux jeux Olympiques de Tokyo de 2020, Tokyo sera, à priori la vitrine de la technologie de l’Hydrogène. Il est fort probable que tous les transports des Athlètes et des médias tournent avec cette technologie. Je pense également que Paris, au JO de 2024, voudra être au même niveau. Ces démonstrations participent au développement de ces énergies.

De manière générale, les énergies vertes sont-elles vraiment économiques ? Le sont-elles autant, par exemple, que le charbon et le gaz naturel qu’utilisent beaucoup des pays en plein développement comme la Chine ou l’Inde ?

Très clairement : elles coutent plus cher ! Mais c’est aussi parce que cette technologie n’est pas aussi mûre que des technologies de combustion, utilisées un peu partout depuis des centaines d’années. Pour la faire murir, il faut donner de la visibilité d’achat. Par exemple, que ne soit pas acheté un bus par ci, un bus par-là, mais plutôt mille bus. De cette façon, une usine de montage sera construite et les coûts baisseront. Il faut faire passer la production de l’état artisanal à l’état industriel massif.

Mais pour exemple, aujourd’hui, faire de l’électricité avec des panneaux photovoltaïques coute aussi cher que d’en faire avec une centrale thermique à charbon.

Panneaux photovoltaïques. Source : banque d’image Pixabay

Ces énergies renouvelables ont-elles à vos yeux des limites, que ce soit dans leur distribution ou dans leur utilisation ?

Oui. Ces énergies ont besoin d’un certain nombre de matière dans la terre qui sont rares. Pour résumer, ce ne sont que ces mots qui finissent en –ium et il n’y a pas assez de ces produits pour en faire du renouvelable à volonté. C’est là qu’est le vrai sujet de discussion.

Je pense que la clé de l’efficacité, c’est d’abord la sobriété. C’est-à-dire ne pas surconsommer inutilement, ne pas laisser les lumières allumées ou simplement isoler correctement les habitations avant de les fournir en chauffage.

Merci pour ces réponses. Une dernière question : sur le long terme, vous voyez monsieur tout le monde utiliser principalement l’énergie hydrogène pour se déplacer ?

Sur le long terme, je ne sais pas. Déjà, il faudrait des nouvelles stations-services un peu partout. C’est difficile de prévoir le long terme. Après, moi je crois en cette énergie.

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