La startup Karos et son fondateur Olivier Binet s’engagent dans une lutte pour promouvoir le covoiturage sur les courtes distances. La clef serait dans une technologie efficace pour lier l’offre et la demande.

Photo by Fikri Rasyid on Unsplash

En France, la grève des cheminots a paralysé le trafic ferroviaire jusqu’au 29 juin 2018. Et comme il y a toujours de fins acteurs pour profiter des crises, la startup Karos, qui propose des services de covoiturage sur courte distance, n’est pas restée les bras croisés. « Le premier jour de grève, on a eu deux fois plus de covoiturages qu’un jour normal sur la semaine précédente »,confie-t-il à France Tv Info.

Le fondateur de l’entreprise, Olivier Binet constate en 2014 que Blablacar ne semble pas intéressé du tout par le covoiturage sur courtes distances. « 98% du temps de transport se fait pourtant sur ces trajets », estime-t-il pour L’usine digitale. C’est avec cela en tête qu’il créé sa société, Karos.

Pour prospérer, le service doit rester gratuit. L’entreprise ne touche aucune commission. Le business model est, selon lui, un « modèle intégrant la mise à disposition de données de déplacement anonymisées aux communes partenaires pour qu’elles comprennent les déplacements sur leur territoire ».

Accélérer le phénomène de partage des transports

Karos se défini comme un assistant de mobilité qui analyse les habitudes de déplacement des utilisateurs et leur propose des passagers qui empruntent le même parcours. Leur cheval de bataille : accélérer le phénomène de partage des transports. Un processus, qui est, en effet, plus présent dans les dialogues que dans les faits : « Dans chaque voiture en Ile de France, en moyenne 1,1 passager est à bord », selon Eurostat.

Source : Banque d’image Pixabay

A l’origine de toute performance, il y a une Intelligence artificielle, développée avec soin. Karos utilise aussi la géolocalisation sans GPS, le machine learning, et du big data. Cocktail Gagnant.

Au journal NetPme, Olivier Binet confie qu’il ne faut pas moins d’une semaine à leur Algorithme pour qu’il comprenne les habitudes de l’utilisateur. Ainsi, ce dernier n’a plus besoin d’annoncer ses prochains itinéraires. Il n’a, pour ainsi dire, rien à faire que d’ouvrir l’application.

Depuis 2016, les transports ferrés parisiens sont ajoutés à l’application Karos. Dans un article de La Tribune, le PDG déclare que l’essentiel est de « prédire efficacement les trajets des uns et des autres ».

Des difficultés palliées par l’action publique

Malgré tous ces efforts, le concept a fait difficilement son nid. Selon lui, les utilisateurs ont « la peur de se retrouver bloqués dans les transports chaque matin avec les mêmes personnes ».

Autre difficulté majeure : trouver les conducteurs et les passagers. Car pour qu’il y ait mise en lien, il faut des utilisateurs. Cela induit un autre travail pour l’entreprise : changer les habitudes des utilisateurs.

En 2018 est établi le plan de mobilité obligatoire. Les entreprises de plus de 100 salariés doivent agir en instaurant des mesures pour optimiser les déplacements liés aux activités professionnelles. La startup surf donc depuis sur ces nouvelles dispositions.

S’il n’est pas nécessairement facile de convaincre les potentiels utilisateurs, les pouvoirs publics, eux, sont disposés à encourager des changements pour ce type de mobilité.

L’entreprise a été choisie par la ville de Breuillet, le 1er février 2018,  pour instaurer un nouveau dispositif de mobilité et inciter les habitants à utiliser l’application pour les trajets quotidiens du domicile au RER.

Enjeux culturels et techniques donc, pour les startups aventurières qui anticipe les besoins de demain. La technologie est mise en place et guette patiemment ses acheteurs. Seulement, les entreprises innovantes creusent rarement seules dans une direction. Blablacar a réagi cette année et lancé sa plate-forme BlaBlaLines, spécialisée dans les trajets domicile-travail.

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