Pour ceux qui croyaient que Google Street View avait été créé uniquement grâce à des satellites, il y a erreur. Car il y a, avant d’établir une carte virtuelle modélisée, quelques étudiants, qui pour arrondir leurs fins de mois, sont allés parcourir le monde, caméra de Street View en main.

C’est avec cette même technologie qu’Amit Sood a réalisé son rêve d’enfant. L’ingénieur de Google agrandi en Inde, où les musées sont peu accessibles, souvent fermés. Il fait ses études à Londres où il accède à de nombreux musées. Seul bémol : Il ne peut pas partager ces expériences avec sa famille. C’est ce qu’il raconte dans le numéro Spécial Tech du magazine Society. Il a « passé sa jeunesse frustré de ne pas pouvoir étanché sa soif de savoir ».

Source : banque d’image Pixabay

Le projet Google Art and culture

Lorsqu’il travaille chez Google, Amit Sood profite du système 20% de l’entreprise. L’idée est de laisser aux ingénieurs 20% de leurs temps de travail comme temps libre pour qu’ils développent leurs propres projets. Le projet devant cependant rester lié aux objectifs de l’entreprise. C’est ce qu’a fait Amit Sood. En 2011, il propose d’« utiliser l’intelligence artificielle pour rendre la culture accessible au plus grand nombre ».

Google approuve. En 2011, il présente son travail dans une conférence TedX. Il prend pour exemple Les moissonneurs, de Pieter Brueghel. Il parle de Giga Pixel, expliquant qu’on retrouve dans l’image 10 milliards de pixels. C’est surement beaucoup. Toujours est-il qu’il zoom dans le tableau et qu’on rencontre l’expression amusante d’un tout petit personnage. Et l’image reste très nette. Il projette ensuite La nuit étoilée, de Vincent Van Gogh. Même chose : il détaille des marques de peintures minuscule et fait naître un tonnerre d’applaudissement.

Lui et son équipe ajoute la possibilité, entre autre, de partager les œuvres et, plus drôle, d’y ajouter son coup de pinceau. Le projet est en marche, et les musées conquis par dizaines. Beaucoup cependant restent sceptiques, craintifs de perdre des visiteurs. Mais le principe est novateur, et l’activité non lucrative :Google ne gagne rien.

Amit Sood essaiera donc de convaincre les plus grands musées avec « L’idée de leur donner un outil clé en main ». Son principal argument est qu’ils essaient, chez Google, d’« enrichir l’expérience de l’utilisateur et lui donner envie devenir ».

Source : banque d’image Pixabay

Concernant les droits, il insiste auprès du journal The Guardian pour dire aux musées : « vous serez toujours propriétaire des droits et vous avez le droit de supprimer du contenu à tout moment ».

Reconnaissance faciale et réalité virtuelle

En 2016, Google développe l’idée d’un comparateur de portrait. Le « Is Your Portrait in a Museum ? »permet de vérifier qu’un portrait fidèle à un utilisateur ne se trouve pas dans un musée quelque part. Il suffit de prendre un selfie et de laisser le moteur de reconnaissance faciale chercher parmi les milliers d’œuvres mémorisées. Une application ludique et surtout un atout de marketing remarquable.

Le concept amuse un peu partout, et donne lieu parfois à des situations absurdes, qui ne manquent pas de résonner sur la toile.

L’équipe de football Américain des Reds utilisant Google Art

Aujourd’hui, les équipes d’Amit Sood se focalisent encore et toujours sur la réalité virtuelle. Ayant décidé d’installer le Google Lab à Paris, il continue de développer l’application. Des artistes s’y retrouvent pour profiter de la technologie deGoogle. Dans l’interview donnée à Society, il décrit qu’ « avec l’outilTilt Brush, les artistes peuvent créer leurs œuvres en 3d grâce à un casque et une interface virtuelle ».

Aller dans les plus grands musées, depuis chez soi, c’est le don de la réalité virtuelle. Et la technologie ne semble avoir de limite que l’utilisation que l’on en fait. Tenez-vous prêts, avec la réalité augmentée, qui sait si La nuit étoilée de Vincent Van Gogh ne s’invitera pas bientôt sur les murs de votre chambre ?

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