Mark Zuckerberg multiplie ces dernières années les excuses. Le créateur – du réseau social au 2 milliards d’utilisateurs – se voit souvent reproché d’avoir contrôlé et influencé les contenus visibles sur la plateforme. Entre deux justifications, il se confie à tous sur ses ambitions pour Facebook.

Soucre : Banque d’image Pixabay

L’union, et non la division

Toute l’histoire des gilets jaunes montre bien le potentiel de Facebook lorsqu’il s’agit de réunir des groupes, et d’ordonner des mouvements. Sur Facebook, le groupe Pouvoir du Peuple 22 organise un blocage le 17 novembre, à cause du prix du carburant. L’action est lancée. Entre des invitations à des événements, des sondages, des vidéos en direct, les groupes échangent et se multiplient. Parfois, ces groupes s’opposent aussi sur Facebook. Ou ils se noient dans les revendications. Mais « Facebook est une formidable opportunité pour déclencher des mouvements sociaux ou politiques » estime le chercheur Olivier Ertzscheid.

A Yom Kippour, en 2017, Mark Zuckerberg s’excuse d’avoir œuvré « pour nous diviser davantage que pour nous rassembler » lors de l’élection Américaine. Hors, rassembler la population, la connecter à elle-même est la raison de l’existence de Facebook. C’est aussi l’axe principal d’une puissante stratégie de communication.

Lors de la visite d’une école d’un quartier du sud de Chicago, le créateur annonce : « nous devons construire des communautés qui garantissent la sécurité des gens, et aider de notre mieux (les gens) à créer des communautés, comme leur école ».

Aussi, Après les retombées de l’élection de Donald Trump, paraissait la longue lettre « Building Global Community ». Le patron de Facebook publiait là un long texte, exprimant ainsi ses priorités pour les années à venir.

« Développer l’infrastructure sociale pour donner aux gens le pouvoir de construire une communauté globale effective ».

« Permettre aux leaders communautaires de créer des groupes plus significatifs pour que des personnes puissent s’y connecter ».

Ces dispositions nourrissent, selon les dires de Mark Zuckerberg, des idéaux précis. Il entend voir les individus se soutenir, veiller à leur sécurité et s’informer, que grandissent l’engagement civique et l’inclusion de tous.

D’aucuns l’interprètent comme le moyen de proposer du contenu ciblé. Et ce, grâce à l’Intelligence Artificielle. Une stratégie qui permet aux entreprises d’exercer un marketing et une communication affinitaire.

C’est dans le cadre de sa lutte proclamée contre les fake News, que Mark Zuckerberg entend privilégier les informations locales publiées par des sources vérifiées.

Pour le rédacteur de Ouest Média, difficile de n’y pas voir là une opportunité pour Facebook de collecter de la Data, et d’affiner sa connaissance de ses utilisateurs.

Un moyen aussi de faire face au concurrent Google, qui a lancé l’année dernière son application Bulletin, pour mettre en avant les stories locales mises en ligne depuis un téléphone.


Photo by Glen Carrie on Unsplash

Moins de contenus passifs sur les fils d’actualité

Le recul de l’audience de Facebook ne semble pas affliger son PDG, bien au contraire. Dans un de ces post, il affirme que cela va dans le sens de changements à long terme. Son souhait : revenir aux bases de Facebook.

Tout cela part d’un constat assez simple. Les utilisateurs sont peut-être, avec le temps, devenus passifs sous la masse d’information. L’objectif est donc de rendre les utilisateurs plus actifs en :

– Favorisant les interactions sociales significatives.

– Privilégiant les contenus publiés et partagés entre amis ou en famille.

– Réduisant les contenus publiés par les entreprises et les médias.

Pour les médias, ces changements se montrent décisifs puisque les pages de ceux-ci sont déjà déclassées. Tout comme il n’est pas exclu que le fil d’actualité soit au futur scindé en deux types de contenu. C’est ce qu’évoque cet articled’ Europe1. Cette dernière option supposerait que les pages des médias qui ne sont pas sponsorisés soient définitivement reléguées au second plan.

A noter : Nouvel algorithme oblige, les vidéos et les stories gagnent en importance et en visibilité au détriment des articles et des contenus plus traditionnels. Un changement qui ne laissera pas intacte l’influence des médias et des entreprises.

Facebook, après avoir modifié les interactions sociales de milliards d’individus, entend bien évoluer avec eux. Et les innovations sont au programme. Sur le devant de la scène se placent la réalité augmentée et l’Intelligence artificielle. L’objectif reste le même « construire de meilleurs services », selon Mark Zuckerberg.

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